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Née à Strasbourg, étudie le ballet à CANNES puis à BRUXELLES chez Maurice Béjart.
Elle s'oriente vers la peinture à partir de 1980. Albert STRICKLER, poête, vous parle de sa
rencontre avec Iza Emberger. |
Lorsque j'ai fait la connaissance d'Iza Emberger, j'ai immédiatement eu l'impression d'une lumineuse légèreté.
Comme si j'avais été touché par l'aile d'un ange. J'ignorais alors qu'elle avait naguère dansé et ne savais pas
davantage qu'elle peignait aujourd'hui ; moins encore, qu'étant passée de l'art corporel plus élevé à l'expression
plastique, elle explorait le vaste territoire de celle-ci en s'essayant à de multiples techniques avec la même grâce enjouée.
Si cette impression d'apesanteur joyeuse se renouvela presque aussitôt et pour ainsi dire naturellement, avec la découverte
des "Naïades", tant il est vrai que le "milieu" de ce tableau - en l'occurrence les profondeurs sous-marines - s'y prêtait à
souhait, je la retrouvais bientôt comme une constante dans l'oeuvre d'Iza, quels que fussent l'élément et le thème abordés.
Impression qui ne nuit toutefois en rien au discernement des nombreux détails que l'oeil attentif peut recenser au gré d'une
investigation minutieuse. Car entrer dans un tableau d'Iza, c'est pénétrer dans un espace onirique et y flotter au milieu d'une
foule de symboles, dont la profusion n'indique pourtant aucun manque d'ordre.
Bien au contraire ! Autant chaque oeuvre constitue une véritable fête des couleurs, autant elle représente également une
symphonie des formes, loin d'être imputable au seul hasard.
De la même façon qu'elle colore l'espace, Iza le structure à la faveur d'une composition qui révèle, sous des apparences
ludiques, un vrai travail de recherche, qui frappe non seulement dans l'agencement interne d'un tableau, mais aussi dans
la cohérence qui s'établit à travers l'ensemble d'une production si riche de par les matériaux et les techniques utilisés.
Indépendamment de la diversité de ceux-ci, Iza semble s'affranchir de la matière à la façon dont, danseuse, elle dépassait
son propre corps pour suggérer l'envol. Alliant alors la sensibilité la plus délicate à une rigueur extrême, elle crée chaque
fois un univers d'une incroyable densité énergétique.
Rien d'autre peut-être que la vie conçue comme un grand bonheur coloré.
Albert STRICKLER
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